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ProjectBlog: L’IA est-elle une pourriture communiste?

Blog: L’IA est-elle une pourriture communiste?


Tu aimes la concurrence pure et parfaite, mais tu as peur qu’elle te trompe avec des GAFAs monopolistiques? L’intelligence artificielle te séduit mais tu as l’impression que le développement de la voiture autonome se fera au détriment de ta propriété privée? Alors n’attends plus pour avoir des réponses, et envoie IA au 7 20 21! IA, au 7 20 21!
*Numéro super-surtaxé, résultats non garantis

Malgré le petit clin d’oeil du titre à l’excellent “Red is dead”, ce n’est point de massacre à la faucille et au marteau dont nous allons parler dans ce billet. Non il s’agira d’un sujet qui tient bien plus à coeur au fin&strat que je suis : concurrence pure et parfaite et monopole!

Nous avons souvent évoqué la voiture autonome, les technologies sous-jacentes et leur développement, ainsi que ses principaux acteurs. Parlons aujourd’hui de régulation, et spéculons sur mon pire cauchemar : un monopole qui me spolierait de mon rêve de petit garçon d’avoir ma propre Ferrari!

Nous ne dirons pas que cette spoliation proviendra de certaines mairies, car cela ne nous regarde pas

L’acceptation de la voiture autonome se fait de plus en plus rapidement : la régulation européenne s’est adaptée, de même que la Convention de Vienne, pour autoriser l’utilisation de véhicules autonomes. La Corée du Sud a créé une ville entière, la K-City, pour expérimenter la voiture autonome. En Chine, les provinces de Guangzhou et Hangzhou autorisent les tests sur les routes publiques. En Californie et en Arizona, la présence d’un conducteur n’est même plus obligatoire. Et les Pays-Bas ont dépensé plus de 90 millions d’€uros pour adapter les feux de signalisation ainsi qu’ils communiquent avec les voitures autonomes. Bien plus que le simple aspect technique, beaucoup de ces pays précurseurs sont séduits pour des raisons écologiques : la conduite d’une intelligence artificielle, plus optimale que celle d’un humain, devrait donc consommer moins d’essence, et être donc plus verte. De plus, la majorité des voitures autonomes sont soit hybrides soit électriques. De quoi tenter tous les adorateurs de quinoa!

Pourtant, la nature même de la voiture autonome pourrait poser problème sur le long terme : le nombre de véhicules en circulation ne devrait-il pas énormément augmenter, comme il ne sera plus nécessaire de savoir conduire pour avoir une voiture? Et l’utilisation moyenne ne va-t-elle pas aussi se multiplier, la pénibilité de la conduite devenant inexistante?

Certains acteurs, comme Tesla, désirent y apporter une réponse équilibrée : encourager les possesseurs de voitures autonomes à mettre en location leurs véhicules sur des plateformes de covoiturage lorsqu’ils ne les utilisent pas. Elon Musk résume cela ainsi, dans son “Master Plan, Part Deux” : “You will also be able to add your car to the Tesla shared fleet just by tapping a button on the Tesla phone app and have it generate income for you while you’re at work or on vacation.” Un choix qui paraît donc plutôt avantageux pour les détenteurs de ces petits bijoux de technologie.

Mais d’autres acteurs voient les choses de manière plus radicale. Uber, Lyft, Blablacar, Zipcar, Ubeeqo. Tous ont signé une charte nommée “Shared Mobility Principles for Livable Cities”, destinée à “guider les décideurs et acteurs urbains vers les meilleurs résultats bénéficiants à tous”. Une charte de 10 principes rédigée et promue presque exclusivement par des plateformes de covoiturage. Cela n’est point une coïncidence, puisque le principe 10 énonce simplement leur envie que “les véhicules autonomes dans les zones urbaines denses soient uniquement opérés en covoiturage”. Une spoliation du droit de propriété pour des raisons écologiques qui servirait bien ces acteurs économiquement. Un risque d’autant plus important que la charte est signée par de nombreux acteurs : la ville de Paris (quel étonnement!), celle de Pittsburgh, ou encore la New Zealand Transport Agency. Une charte qui fait déjà son petit bonhomme de chemin à Paris dont la Maire avait annoncé en novembre 2018 son souhait de piétonniser le centre historique (Notre-Dame, le Marais, les Halles) en n’y laissant circuler que des voitures autonomes électriques. Un développement idéologique de la voiture autonome qui n’est pas vraiment en adéquation avec mon rêve de conduire sur les quais de Seine ma Ferrari TestaRossa.

Je suis dans ma Ferrari, la Mairie de Paris est dans sa jalousie

… Martine! … Sécu!

Si l’écologie est certes une raison des plus importantes menant à mon pire cauchemar, c’est bien la question de la sécurité qui risquerait d’être déterminante. La sécurité explique aisément l’engouement mais aussi la peur autour de la voiture autonome. Les accidents de la route tuent plus d’1 million de personnes chaque année, et en blesseraient entre 20 et 50 millions. Des morts causées par l’erreur humaine. La voiture autonome pourrait alors être révolutionnaire : jamais fatiguée, toujours debout (comme Renaud), concentrée à 100% sur la route, et plus réactive qu’un humain. Pourtant nous le savons bien, la machine est impardonnable : alors qu’un accident causé par une faute humaine ne remettrait jamais en question la capacité ontologique de l’homme à conduire, un accident impliquant une voiture autonome secoue le monde médiatique et l’opinion publique, questionnant l’existence même des voitures autonomes.

Un article paru dans The Economist en Juin 2018 dresse un tableau fort pessimiste (pour le libéral que je suis), estimant que le marché de la voiture autonome devrait mener à cause du risque sécuritaire à une structure monopolistique. En effet, la voiture autonome étant impardonnable, les états ne devront autoriser que les voitures autonomes les plus sûres pour la sécurité de leurs citoyens. Et on le sait, la meilleure technologie en intelligence artificielle est généralement celle avec la base de données la plus importante. Donc la voiture autonome avec la plus répandue, avec le plus de kilomètres au compteur et donc le plus d’expérience, devrait être la plus sûre des voitures. Selon l’auteur, c’est donc le plus gros acteur sur le marché qui remportera grâce aux régulations gouvernementales un monopole : Waymo d’Alphabet.

Bon ça semble un peu extrême quand même comme scénario. Il suffit de regarder un autre marché de l’AV pour s’en assurer : le marché des logiciels anti-virus. Certains réussissent beaucoup mieux que d’autres aux tests de protection, protégeant mieux la sécurité de leurs utilisateurs et la confidentialité de leurs données. Pourtant, aucun régulateur n’a pris des mesures pour créer un monopole qui protégerait mieux la vie privée et la liberté de ses citoyens, alors que la cybersécurité est l’un des principaux enjeux actuels des gouvernements.

Une manière de couper la poire en deux serait de partager l’ensemble des données collectées par les voitures autonomes et de forcer leurs constructeurs à les faire communiquer entre elles. Le partage des données permettrait d’assurer que chaque voiture autonome est assez sécurisée sans avoir à créer de force un monopole, car la donnée est plus efficace que la technologie. Quant à la communication entre les voitures, ce serait un bon moyen d’assurer une meilleure sécurité puisque chaque véhicule serait conscient du comportement des autres véhicules.

Ce petit tour d’horizon m’envoie donc rassuré. Même si le cauchemar est possible, des alternatives plus probables existent, qui permettraient d’assurer notre sécurité ainsi que la pérennité de notre planète, tout en me laissant rêver à ma belle Ferrari. Il ne me manque plus que les 100k€ par an!

Source: Artificial Intelligence on Medium

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